Rire ou produire, faut-il choisir ?
On a besoin de rire. Même (surtout) quand le sujet est sérieux ou important.
Parce que le rire est plus fort que la fuite.
C’est un détour. Un levier. Une respiration.
Un truc qui fait vaciller les certitudes, soulève les tapis, révèle les absurdités, ouvre des opportunités.
Est-il utile ici de rappeler que « rire, c’est bon pour la santé ? »
Rire stimule la santé cardiovasculaire, abaisse les hormones de stress et augmente la dopamine et l'endorphine, renforce le système immunitaire…
Et bingo : ça renforce le bien-être émotionnel, ça peut contribuer à la résilience et à l'optimisme.
On parle de joie là....
Alors oui, on ne peut pas rire de tout.
Ou plutôt : pas de n’importe quoi, pas n’importe où, ni n’importe comment et surtout : pas des autres.
Une blague sur les seins d’une collègue, sur l’orientation sexuelle d’un autre, dans une réunion ou autour de la machine à café ?
Ce n’est pas de “l’humour”.
Et en cas de relation hiérarchique, c’est un abus de pouvoir.
C’est ringard.
C’est sexiste, misogyne, homophobe.
D’ailleurs, la plupart de temps, les autres rient, plus par conformité que par source de joie.
L’humour n’est pas neutre.
Une blague dit toujours quelque chose.
Elle révèle souvent des stéréotypes, des biais et les privilèges de la personne qui l’a faite.
Alors avant de rire aux dépens de, posons-nous trois questions simples :
Quelle est l’intention derrière ma blague ?
Quel(s) stéréotype(s) véhicule-t-elle ?
Si j’en étais la cible, comment le vivrais-je ?
Parce que, blague à part, le rire est essentiel.
Rire de soi. Rire de nous.
Rire de nos impasses collectives.
Rire de ce qu’on cache derrière le jargon, les postures, les KPIs.
Rire des nos échecs, de nos difficultés, de nos contradictions.
L’autodérision est même un signe de leadership conscient.
Dans un monde du travail obsédé par le contrôle, la performance et la réputation, le rire est un acte de résistance.
C’est une faille heureuse dans le costume.
Un pied de nez aux injonctions.
Une forme de courage, d'audace et d'optimisme.
Une étude* de la Harvard Business Review le rappelle :
“Laughing in the office improves emotional safety and strengthens collective performance.”
En clair : celles et ceux qui rient ensemble bossent mieux ensemble.
Ce n’est pas de la psychologie positive, c’est un fait. Cette même étude indique une augmentation de la productivité d’environ 10 % après avoir regardé un clip comique.
Une méta-analyse de 2012 (Journal of Managerial Psychology) associe l’humour positif à la satisfaction au travail, au rendement, à la réduction de stress et à l’amélioration des relations hiérarchiques**.
Dans les métiers difficiles, de terrain, les équipes trouvent souvent la force dans le rire. Les managers de proximité qui créent un climat de travail joyeux, où le rire permet de mieux vivre la pénibilité des certains postes, favorisent la productivité et le bien-être. À condition que les sujets source de rire soient respectueux et inclusifs !
Chez iKonoclaste, on croit à un humour qui relie.
Un humour qui permet de créer du lien entre les personnes d'une même organisation quels que soient les liens hiérarchiques.
Cela permet aussi de rendre visible la voix du terrain.
Un humour qui libère l’espace.
Un humour qui soigne les tensions, les silences trop longs, les vulnérabilités invisibles.
Un humour qui pense.
Un humour qui panse.
Un humour qui donne envie de changer… sans faire la leçon.
Parce qu’au fond, le rire au travail ne devrait pas être un luxe.
Mais un réflexe collectif. Lucide, joyeux, partagé.
On y travaille.